L’odyssée de la voix

 

Bébé, nous avons tous su nous exprimer librement, avec tout notre corps, pour faire entendre toute notre âme. Si un plaisir ou un mécontentement avait besoin d'être dit, gazouillis, cri ou pleur, il était dit. Quelque soit le lieu. Quelques soient les auditeurs.

Ni fier ni humble. Vrai. Nous étions ce que nous étions, pour tous les vivants. Et les autres. Et l'univers tout entier. Vrais, entiers, vivants dans chacune de nos cellules. Être unique au monde. 

Le bébé a grandit, l'enfant a été éduqué. Alors nous avons appris à baisser le ton, ou à nous taire. Bienséance sociale, ne pas déranger, faire plaisir, respecter, se soumettre, les raisons sont nombreuses et variées. Parfois bonnes. Souvent efficaces, en leur temps. Parfois nous avons appris à crier, satisfaits de la réponse apportée par l'entourage, soudain attentif. Les stratégies sont innombrables, et toutes adaptatives au monde extérieur. Génie de l'espèce humaine. La période d'adaptation à l'entourage et l'apprentissage par imitation, propres à l'enfance, nous ont permis de nous construire. 

L'enfants se transforme pendant son adolescence. Les garçons muent pour devenir des hommes, passage bénit vers l'émancipation de leur personnalité. Les filles subissent également une mue, mais celle-ci est beaucoup moins marquée que chez les garçons (la voix descend d'une tierce ou d'une quinte chez la femme contre une octave chez l'homme).

L'adolescent devient adulte. Notre histoire nous a dicté un comportement, une attitude corporelle. Pour répondre aux attentes des autres. Se faire aimer, reconnaître... Commence alors la fabuleuse épopée de La Voix de l'Être, se libérant à son rythme de sa dépendance aux autres pour peu à peu chanter sa propre Voix ! Ou sa propre Voie, mais c'est pareil. Cette Odyssée nous guide jusqu'à notre dernier Souffle. 

De ce chemin découlent notre joie de vivre, notre libido, notre envie d'aimer, nos élans de vie, notre immense potentiel de créativité, notre Sainte folie.  

"Le nouveau est toujours au dedans et jamais au dehors, tout est en toi et non au dehors de toi." Gitta Mallasz.